Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. [V. Hugo]

Ma mamounette d'amour,
Ma frizouille de grand reuf,
Ma Touille,
Je vais mourir aujourd'hui... La Honte tue, pourtant je n'y avais jamais cru ! Mon esprit ne sera plus... Il n'était pas grand chose depuis « Lui ».
NOTRE pays part en cacahuète, maman... Il oublie, fait mine de ne rien voir, ne change rien, fait les mauvais choix. L'oubli est le début de la mort cérébrale. Mais ne flippe pas pour moi ma petite maman, garde la pêche. Je ne suis pas la première à passer par là. Toi et papa, vous vous êtes accrochés...
Je ne suis pas digne de cette force. Pas la force de vivre là où je ne suis pas complètement accepter. Où mon avis ne vaut rien. Où mon faciès ne plaît pas. J'aurais kiffé y vivre plus longtemps. Je sais que mon départ psychologique justifiera un tas de choses mise en place dans « notre » (Je m'obstine à y croire) pays ... Mais je m'en bas les M&M's, je ne peux pas. Je ne peux plus.
Les vrais savent... Mes vrais savent pourquoi aujourd'hui ce n'est plus possible.
J'ai pas eu le temps de checker mes gens avant de tomber dans les méandres insalubre de mon esprit.
Je sais que vous savez qu'ILS n'ont jamais rien su et ne sauront jamais... Ils ne nous connaissent pas et ne nous connaîtrons jamais. Ne l'oubliez pas !!! J'vous kiff tous. Enfin presque.
J'aurais fait de mon mieux.
Cette lettre d'un jeune résistant Français, qui n'en était pas un en réalité, c'était la goutte d'eau. ILS veulent nous faire croire des foutaises, des foutaises qui sont sensés nous réunir, tous, sous notre drapeau tricolore et notre magnifique hymne barbare. Je ne serais pas de cet embrigadement... Mon esprit périra libre !
Un dernier big up à ma famille de sang et celle de cœur, à ma Touille que je surkiff... Je sais que tu iras loin, connasse.
21 ans et demi, ma vie a été courte, remplie de regret, le plus gros est de m'éloigner de vous. Je vais mourir cérébralement avec des millions de gens. A la différence de « Lui », nous on se suicide psychologiquement... On garde jusqu'au bout cette volonté de rester LIBRE.
Aguy Moquette
Dernières pensées : Vous tous qui restez, la dignité était votre seul rempart... Vous n'en avez plus. Nicolas vous à tout enlevé. Rendez vous donc maintenant à l'évidence.